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5 juillet 2012. Papeete. Polynésie. France. Dissemination du projet Leonardo da Vinci par Artiste No Tahiti dans le cadre du Putahi
dimanche 8 juillet 2012
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Les membres de l’association "Artiste No Tahiti " ont été invités au Putahi, une rencontre des artistes du Pacifique

"Inaugurée hier, l’exposition du Putahi est à découvrir au centre des métiers d’art jusqu’à la fin du mois d’août. Vous pourrez y apprécier les œuvres de la trentaine d’artistes venus des quatre coins du Pacifique pour l’occasion. Peinture, sculptures, installations, œuvres numériques, tressage, gravure, l’idée de cette rencontre était justement de confronter professeurs et élèves, savoirs et savoir-faire, démarches et inspirations pour produire des créations à l’image de la région : ancrée dans ses cultures, contemporaine et ouverte sur le monde." Isabelle Bertaux

C’était une belle occasion pour présenter le projet Leonardo "GREEN 21" en présence de Nicolas Garnier. Directeur du Melanesian and Pacific Studies Center à l’University of Papua New Guinea.

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Cette exposition est l’occasion de s’entretenir sur les notions d’artiste et d’artisanat. Ont participé à ces entretiens animés par Patrick Guichard membre de l’Association Artiste No Tahiti et professeur dans le Centre des Métiers d’art : 19 stagiaires de 2ème et 3ème année, trois professeurs.

- En Europe, la différenciation entre art & artisanat n’apparaît pas avant le 17ème siècle. Dès 1760, l’instition établit une différence entre l’artisan, homme de métier, et l’artiste qui exprime le « Beau » (les Beaux-arts).
À cette époque, l’artiste obéit à la contrainte des codes établis et répond à la commande. Depuis la fin du XIXème et le début du XXème, un grand espace de liberté s’ouvre à l’artiste : plus de codes, plus de limite. Avec l’Art Nouveau notamment, l’artisan participe alors, dans certains cas, à cet élan créatif.

- En Polynésie, l’art traditionnel est l’art de la vie quotidienne (fabrication d’objets usuels). Les œuvres les plus recherchées étaient destinées aux cérémonies de vénération des défunts et des ancêtres déifiés. Il s’agissait de sculptures sur bois ou sur pierre représentant souvent des tikis, symboles plus ou moins abstraits d’une figure humaine
L’art du tatouage : les tatouages, couvrant les corps entiers, présentaient une grande richesse de motifs géométriques symboliques, voire abstraits. On retrouve ces motifs sur les objets de la vie quotidienne, les armes et les pirogues..

Quatre axes de réflexion ont émergé pour tenter de différencier Art & Artisanat : L’oeuvre, la personne qui réalise l’oeuvre, le lieu d’exposition et le regard du spectateur.

1. L’oeuvre :

Artiste et artisan sont tous deux éloignés des productions techniques industrielles : ils sont actifs du début à la fin de la réalisation. L’artisan fabrique : il produit en suivant des règles et l’objet produit aura avant tout une utilité. Il doit produire pour vivre. C’est une nécessité pour lui.

L’artiste crée une œuvre qui n’a d’autre fonction que d’être regardée ; il se doit d’y mettre du sens. La démarche, la cohérence de son travail créatif le font reconnaître ; la nécessité apparaît lorsqu’il veut vivre de son art.

2. La personne :

Tous deux appliquent des techniques, des savoirs-faire.
L’artisan connaît l’efficacité des techniques utilisées : avant d’entreprendre, il « sait » déjà l’objet fini.
L’artiste, pas toujours. Il est face à l’inconnu.
Ici, les stagiaires font apparaître l’idée de « magie ». l’artiste est entre deux mondes ; il est la passerelle entre le réel et le magique.
On perçoit l’importance du « désir », de l’élan, de la nécessité de créer, du refus de la routine.

3. Le lieu d’exposition :

Il a une grande importance : par exemple, exposer dans une galerie d’art officialise en quelque sorte le statut d’artiste.
Les stagiaires notent aussi l’impact très important de la médiatisation.

4. Le spectateur :

Il pose son regard sur l’œuvre exposée et lui accorde une valeur, une légitimité. C’est le jugement des hommes qui officialise et c’est le temps qui fait l’œuvre d’art (elle restera à la postérité).
La virtuosité, la qualité du travail, l’originalité perçues par le spectateur donnent parfois à une œuvre même artisanale, le statut d’œuvre d’art.
Ne dit-on pas, parfois, d’une production artisanale de grande qualité : « c’est un véritable travail d’artiste ! »

En conclusion :
Il est apparu difficile de différencier clairement l’artiste de l’artisan ; nous nous sommes accordés sur deux définitions non exhaustives : L’artisan essaie de bien faire ce qu’il sait faire. L’artiste tente de faire des choses qu’il ne sait pas faire.

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Auteur :Patrick Guichard
Association "Artiste No Tahiti"
En partenariat avec le Centre des Métiers d’Art Tahiti

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