Pays partenaires :

accueil site > Partenariats Erasmus+ > Les chemins du bleu en Europe > Dissémination > Quinzaine bleue de l’art postal à la Maison Notre Dame , Le Pecq sur (...)

Quinzaine bleue de l’art postal à la Maison Notre Dame , Le Pecq sur Seine
mardi 20 mars 2018
Version imprimable de cet article Version imprimable

JPEG - 116.9 ko

Pendant plus de deux semaines , cet Établissement Hospitalier pour Personnes Âgées Dépendantes des Yvelines a vécu sous le signe du bleu : l’ouverture festive de cette quinzaine mémorable a été donnée le 8 mars 2018, jour de la mi-carême, lors d’un joyeux défilé de carnaval plein de bonne humeur et d’imagination sur le thème « Voir la vie en bleu ».

Un Schtroumpf joyeux côtoyait la mystérieuse Shéhérazade tout droit venue du conte des Mille et une nuits, l’infirmière d’un jour dans son fauteuil roulant accompagnait le manœuvre en bleu de travail., une femme en tenue africaine bleue traditionnelle rencontrait un chirurgien, un marin conversait avec un supporter des bleus tandis qu’une fleur bleue charmait un papillon.

JPEG - 128.3 ko

Au son de la « java bleue » ou de la valse du « beau Danube bleu » les résidents et leur famille ainsi que le personnel ont pu ensuite improviser une danse ou admirer les danseurs.
Après ce lancement qui a suscité la curiosité de tous pour les événements à venir, les animations habituelles qui structurent les semaines ont été fédérées autour de ce thème en privilégiant une approche créative et sensible. Après une promenade historique sur le chemin du bleu, par Chantal Richard, formatrice PPSF et sur le bleu dans l’art par Adeline Culas, animatrice, les résidents se sont intéressés à la richesse de cette couleur dans ses multiples nuances et ses riches dimensions symboliques. Une après-midi de quizz et de jeux a permis un bel échange ludique entre les résidents sur ce thème qui parle à tous : le bleu dans les contes de fée (ah ! la célèbre barbe !) dans les recettes culinaires ( du steak à la truite ), le bleu en botanique comme en géographie et en histoire , en zoologie ou en géologie au pays des pierres précieuses …Saphirs , turquoises, aigues marines et lapis- lazulis en ont fait rêver plus d’une, et les domaines abordés pouvaient satisfaire toutes les curiosités .
Avec le documentaire « La France par la côte », on a voyagé en France et redécouvert la variété de son littoral, les nuances de couleur de sa plaine maritime de Dunkerque au Havre. Avec « Le peuple migrateur » de Jacques Perrin, on s’est éloigné dans l’azur en survolant les continents, chacun s’est senti pousser des ailes et s’est évadé loin de son quotidien, en s’émerveillant de la beauté de la planète bleue.
Plusieurs ateliers créatifs ont par ailleurs réuni les résidents :
1) Des ateliers d’écriture de haikus  : les participants ont d’abord découvert l’esprit de ces courts poèmes japonais de trois vers qui évoquent des visions fugitives, des images porteuses d’ une émotion qui n’est pas nommée , liée à la nature et aux saisons ; ils ont lu à voix haute les haikus proposés parmi les 365 haikus présentés et illustrés par Cheng Wing Fun, chez Albin Michel.
2) Ensuite, chacun a choisi puis s’est approprié un des objets bleus particulièrement évocateurs sortis d’une malle au trésor ; tout naturellement de très beaux textes qui s’en sont inspirés ont vu le jour, d’abord rédigés à plusieurs puis des haikus personnels écrits par les participants. Dans les premiers moments peu confiants en leur capacité, ceux-ci ont connu le plaisir d’écrire, qu’ils avaient souvent un peu oublié, celui de dire leurs sensations et leurs émotions et de voir qu’ils pouvaient par leur texte toucher les autres. Le silence de chacun à l’écoute des poèmes était évocateur : la flamme de la poésie avait su jaillir et créer des « instant d’éternité », conformément au sous-titre du recueil. Une vingtaine de haikus a été réunie dans un recueil poétique *, et ils ont été affichés dans la salle commune où ils ont suscité des échanges avec leurs lecteurs : des résidents qui n’avaient pas participé aux ateliers comme les familles et des membres du personnel .
3) Parallèlement, tandis qu’ils cherchaient pour le « printemps des poètes » des poésies évocatrices, plusieurs résidents ont choisi de lire des textes en lien avec cette couleur ; dans le célèbre vers d’Eluard « la terre est bleue comme une orange », la plénitude du fruit rejoignait la félicité de la couleur.
4) Des ateliers d’art postal menés en particulier avec Julie Dupont, psychomotricienne, ont permis aux résidents de découvrir une nouvelle forme d’expression, d’utiliser des matériaux variés (plumes, pochoirs, publicités., cartonnages, tissus etc ) et de faire preuve d’imagination et de créativité sur le thème donné « bleu comme un jardin sans frontière ». Il a fallu du temps pour surmonter la surprise de cette proposition d’activité nouvelle, pour trouver des idées qui rendent hommage à cette couleur, celle de l’Europe ; comme de grandes tablées réunissaient les participants, ils ont pu à la fois voir ce que faisaient les autres et poursuivre leur propre inspiration.

C’était une perspective très motivante pour tous de pouvoir, par cette activité s’intégrer au projet européen Erasmus +, et même, d’espérer voir leur participation récompensée par un prix ; quel serait-il ? Le mystère plaisait à certains , déplaisait à d’autres , mais la question a été vite oubliée dans le plaisir de faire , certains ont même voulu réaliser plusieurs enveloppes et se souciaient qu’elles soient bien postées ..
Elles l’ont été, et plus de vingt, réunies en deux beaux panneaux exposés à l’espace Véra de Saint Germain en laye , et primés lors de l’inauguration de l’exposition et du jardin Chemins du bleu au jardin des Arts . Ce fut une grande fierté, comme de savoir que les œuvres postales partaient ensuite pour un petit périple vers l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Roumanie, les autres pays partenaires du projet.

L’atelier d’écriture réunissait une dizaine de résidents , les ateliers mémoire/quizz une vingtaine, la conférence idem , les fetes et agapes l’ensemble des résidents (sauf l’unité protégée Alzheimer ) soit une soixantaine …et presque l’ensemble du personnel Dans les témoignages, je cite
-  la personne qui m’a dit, après la conférence participative (à laquelle elle avait beaucoup participé ! ), qu’elle ne s’était pas sentie aussi intelligente depuis longtemps,
-  celle qui , aveugle, répondait même aux questionnements sur les tableaux car d’autres les lui décrivaient, et disait avoir l’impression de les voir (matériel spécial tactile fourni par la MAIF )
-  celle qui, dans son haïku (un carnet bleu), a revécu une histoire d’amour de son adolescence,
-  celle qui croyait ne plus savoir écrire et qui s ’est émerveillée de sa réussite ,valorisée par la réalisation d’un recueil et par l’exposition restées plusieurs semaines dans le hall qui suscitait les compliments des visiteurs et famille ;
-  l’une m’a dit qu ’elle avait été très contente d’avoir, avec sa famille, un sujet de conversation intéressant où pour une fois, c ’est elle qui avait quelque chose à faire découvrir à sa fille,
-  Gladys, qui était très fière d’avoir été interviewée par une journaliste,
-  le personnel d’animation engagé dans l’atelier postal qui s ’est également senti reconnu dans son travail, qui avait, pour une fois, une visibilité extérieure car les panneaux avaient été affichés à l’espace Vera et que les résidents avaient eu un prix.

Chantal Richard
Association Paysage et patrimoine sans frontière

Commentaires
    Il n'y a pas de commentaires.

Modération du forum

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)